L’oligothérapie est définie comme l’usage, dans un but thérapeutique ou préventif, de médicaments ou de compléments alimentaires dont le principe actif est un oligoélément ou encore un macroélément employé à faible dose. Elle a fait l’objet de nombreuses recherches dans des universités et des laboratoires du monde entier, est désormais reconnue, et offre une alternative ou une complémentarité précieuse aux médecines traditionnelles.

Les oligoéléments sont des minéraux contenus en faible quantité dans l’organisme, comme l’indique l’étymologie grecque de ce terme : oligos signifie « petit, peu nombreux ». On distingue les oligoéléments dits « essentiels », qui ont un rôle physiologique connu, des autres oligoéléments, utilisés uniquement pour leur rôle pharmacologique : c’est par exemple le cas de l’or, qui peut entrer dans la composition de certains médicaments soignant les pathologies rhumatismales inflammatoires. Quant aux macroéléments, ou éléments dits majeurs, ils constituent 99,5 % de la masse d’un homme. Certains d’entre eux, comme le magnésium, interviennent dans de nombreuses fonctions physiologiques et appartiennent à la pharmacopée traditionnelle. Ce qui fait l’originalité de leur usage en oligothérapie est leur emploi à des doses faibles. Ainsi, le magnésium, proposé à des doses de 400 à 800 milligrammes par jour dans des préparations traditionnelles, intervient en oligothérapie à des doses beaucoup plus faibles. On privilégie alors la tolérance, une absorption optimisée et la recherche d‘un effet dit « catalytique ».

 

Les oligoéléments essentiels


Une définition des oligoéléments essentiels, avant tout liée à leur teneur physiologique, fut donnée au début du siècle par le chimiste et biologiste français Gabriel Bertrand : « (ces) oligoéléments sont contenus à moins de 1 milligramme par kilogramme de poids corporel ». Aujourd’hui la définition des oligoéléments essentiels, « éléments traces essentiels », met davantage l’accent sur leur caractère nécessaire et indispensable : l’apport d’un oligoélément dit essentiel doit en effet supprimer les troubles que sa carence a induits. Les minéraux qui répondent à cette définition et qui sont couramment utilisés en oligothérapie sont le fer, le cuivre, le zinc, le sélénium, le chrome, le manganèse et le silicium. D’autres, comme le nickel, l’étain, le molybdène ou le vanadium, ne sont peu ou pas utilisés.

 

 

Une fonction d’optimisation


Compte tenu de leur rôle essentiel au bon fonctionnement de l’organisme, on peut aisément comprendre qu’un statut physiologique en oligoélément déficitaire ou précaire puisse être à l’origine de troubles plus ou moins importants. L’oligothérapie consiste bien souvent à corriger ce type de situation mais aussi parfois à optimiser les fonctions sur lesquelles l’oligoélément a un rôle. Ainsi, si chez une personne carencée, un apport en sélénium peut favoriser la fonction immunitaire, une personne ayant un statut normal en sélénium pourra également bénéficier d’une supplémentation : on parle alors d’effet pharmacologique de sur optimisation. L’usage des oligoéléments peut donc constituer un traitement d’appoint (complémentaire), ou un traitement principal dans un certain nombre de cas. Mais il convient de préciser que, si l’usage des oligoéléments, mesuré, présente peu de toxicité, il ne dispense en aucun cas d’une prise en charge médicale et d’un recours éventuel à des thérapeutiques plus lourdes. En effet, si l’usage des oligoéléments dans la prévention ou la prise en charge d’états infectieux récurrents est très bénéfique, il ne saurait se substituer à une prise d’antibiotiques quand le médecin la juge indispensable.

 

 

Date de dernière mise à jour : lundi 07 Décembre 2015

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